Jour 9 depuis chez moi

Jour 9/ Vendredi 05 juin 2020. 07h37.

Pourquoi reviens-tu ici ? Probablement parce que tu as entendu le chant des oiseaux de nouveau mais cette fois-ci dans ton chez toi ce matin alors que ton réveil n’avait pas encore sonné, et que ta séance de Qi Qong, après quatre jours de pause consécutifs, s’est parfaitement déroulée à ton goût de ce matin. Probablement parce que tu sais que ce pain complet et ce beurre demi-sel et cette confiture de myrtilles t’attendent, comme prévu, et que comme prévu tu vas faire ce que tu as prévu de faire. Probablement parce qu’après ces quatre premiers jours passés en dehors du Bois-Joli, les quatre suivants ont été plus compliqués et que reprendre l’écriture ici c’est poursuivre les soins, coz you’re still en soins, Bilou, don’t rigole avec ça garçon, everything is not gagné à l’heure qu’il est, fuck pas trop vite l’humilité petit garçon déjà bien vieux. Wake up, et early s’il te plaît. Déroule ce tapis de Yoga que tu as volé par inadvertance dans ce grand magasin et fait l’oiseau, mon gros !

Je jure que c’était par inadvertance.

Ces cons-là mettent quoi sur le tapis enroulé ? Un élastique qui te permet de porter le truc en bandoulière genre j’ai un sac à dos. Bah résultat, arrivé à la caisse, quand tu vides ton sac -de courses parce que pour ce qui est du reste et bah tu reviens ici le vider, quand tu vides ton sac de courses donc, bah même la caissière voit quedchi et donc tu sors du magasin avec un tapis de yoga pépouze sur ton épaule et au moment où tu vas passer la sécurité tu réalises et là c’est ton fils qui te dit « laisse Papa, y a pas d’anti-vol sur ce genre d’articles, c’est sûr » alors comme un défi complètement con tu passes, rouge pivoine, la sécu avec ton tapis de yoga-sac-à-dos en pensant que t’es un thug et que ton fils va kiffer raconter ça à ses potes pendant que toi tu réfléchiras sur cette expertise des articles possiblement dérobables ou non dont un jour peut-être il te fera la liste avec un sourire  » si tu avais su tout ça, à l’époque, Papa », auquel tu ne répondras pas « et toi donc, mon fils, si tu savais, à l’époque… ».

Les Jours 1, 2, 3 et 4, tu avais décidé de les vivre à Quimperlé.

Avec ton fils et tes parents. Ça c’était le premier soir. Ta mère t’avait accueilli avec ce sourire et ces yeux de « on se sait mais on ne dit rien devant ton fils mais on se sait émoticone archi clin d’œil avec mâchoire qui se décroche tellement on se sait ». Ton père t’avait regardé d’un regard que tu avais analysé comme assez fier de son fils et puis ta mère immédiatement : « Bon alors donc on prend pas l’apéro hein ?! ». Alors toi tout à coup rectifiant comme hurlant mais sans crier « Ah non, hors de question que vous changiez vos habitudes pour moi, c’est mauvais pour le soin, mon psychiatre me l’a parfaitement expliqué ». Tu avais réalisé à ce moment-là que Mr Addicto (dont tu as rêvé cette nuit que tu lui avais léché les pieds, tiens, hum, ça te revient -laissez mes kinks pépouzes les deux du fond- je vous vois sourire, bande de dégénérés, alors qu’un pied est bien souvent plus propre que toutes ces mains avec lesquelles vous vous caressez all day long les un.e .s les autres, réfléchissez, j’vous laisse là-dessus, une caresse à vos chiens, vos chats, et vos enfants plein de poux ou de Covid tiens, aussi tant qu’on y est) bref tu as réalisé à ce moment où tu ne rêvais encore pas de ses iepds dans ta bouche, que Mr Addicto ne t’avait pas donné cette fameuse « lettre aux proches » qui expliquent en gros que vous pouvez vite être un poids à nous regarder comme un héros ou comme un survivant voire pire : un exemple. Hey, tacru j’étais Robert Antelme ? Bois ton Ricard, mange tes chips, gave-toi de cahuètes et paye ton Perrier citron, please, j’suis pas v’nu ici pour que t’écrives un livre sur moi ni qu’on reprenne tout depuis le début avec les albums photos et les dvd que soudainement tu voudrais sortir comme si j’étais devenu amnésique ou que je sortais d’un coma de 35 ans. « Tu t’rappelles quand on était allé gardé Paul, il était tout petit, ah regarde, là c’est toi, tu t’rappelles, mais si tu t’rappelles ?! ». Oui, alors oui je me rappelle que j’ai un fils, qu’il s’appelle Paul, que tu es ma mère, je me rappelle que vous êtes venus à plusieurs reprises avec Papa le garder, quand il était tout petit et qu’on était à droite à gauche avec sa mère, mais non, je ne me souviens plus de cet énième appart que la prod nous avait loué lors de cette tournée, je ne me souviens même plus de quel spectacle il s’agissait, mais non je ne sors pas d’un coma, je ne suis pas Hibernatus non plus, cesse de me regarder bizarrement tout à coup ah et non non et non ne te mets pas à me refaire ce clin d’œil gigantesque que toute la Bretagne a pécho et je veux bien un glaçon dans mon Perrier et je peux m’asseoir et enlever ma veste, juste ?

Bonjour, c’est moi, Bilou ! Everything is ok. Next.

Et puis ton père toute la soirée dans la foulée qui te dira à plusieurs reprises « Non mais de toutes façons tout ça maintenant c’est dans ta tête seule la motivation compte c’est toi qui sais ce que tu sais moi je sais pas exactement ce que tu as fait avec quoi et dans quelles proportions et ça ne me regarde pas mais c’est sûr que toi tu sais d’où tu viens alors c’est dans ta tête et sinon tu savais que moi j’ai commencé vraiment à picoler j’avais quatorze ans et puis après sur les chantiers bah ça buvait, tout le temps et dès le matin, alors je te tire mon chapeau Bilou mais y a que toi qui sais parce que moi je sais pas exactement hein mais toi, oui, tu sais ». J’étais sûr qu’il savait qu’il y avait autre chose que l’alcool et le joint. Pas folle, La Bigaille. On la lui fait pas. En tous cas moi je crois savoir pourquoi, même s’il a compris, il ne veut pas savoir : parce qu’il ne pourrait pas l’entendre.

Et puis dans la foulée le lendemain ton frère et ta sœur, toujours définitivement et magnifiquement enceinte et avec qui tu t’étais réconciliée, et là, tout à coup, alors qu’elle est là, avec son mec, à table, face à toi, là, à poser sa tête sur l’épaule de Jonathan, face à toi, à lui caresser doucement et innocemment les cheveux, tout ça pendant que ton frère te demande de la harissa pour mettre dans ce couscous que comme d’hab ta mère a fait avec des merguez alors que v’là l’temps que tu répètes que le couscous c’est sans merguez, que les merguez c’est vraiment un truc de babtous de colons de fachistes (t’aimais bien les raccourcis souviens-toi ) et pendant que ton père te regarde du coin de l’œil comme s’il continuait à te dire « je sais qu’il y a autre chose mais je veux pas savoir », toi tu penses soudainement à cette performance que tu pourrais t’offrir le droit de faire devant ton fils : te lever, marcher sur la table fièrement, désigner du doigt ta sœur et son mec et hurler « MAIS EST-CE QU’ON FAIT DES TRUCS PAREILS DEVANT LES GENS MAIS C’EST DEGUEULASSE VOS TRUCS DE DEGENERES LA JE PEUX PAS VOIR CA RESPECTEZ MOI DEJA QUE JE VOUS TOLERE WWWO ON EST OU LA ????!! ». Et puis je me rassiérais tranquillou bilou et finirais toutes les merguez avec mes pieds.

Mais j’ai préféré faire une Despentes et me barrer quand mon frère a commencé à parler politique, chômage et immigration. Ça avait plus de gueule en fait, ce calme impérial et nouveau. Et puis je suis pas contorsionniste.

Est-ce que tout ceci, tout ce jeu, était destiné à me tester ? Comme si j’étais seul pour la réunification et que le totem d’immunité je pouvais toujours me le foutre au cul parce que pour un petit bout de temps ça va être ça pour toi, Bilou, est-ce que tu quittes l’île où tu acceptes les règles collectives que tu t’aies imposées et dans lesquelles tu tiens le rôle de capitaine de soirée ?! T’as tenu jusqu’à minuit et demi ce soir-là. Et le lendemain quand même à l’aube, dans le jardin de tes parents, pour la deuxième fois de ta vie, tu faisais du Qi Qong, levé avant ta mère et en même temps que ton père qui ne te regardait pas exécuter ta danse matinale comme s’il avait peur de découvrir un secret de famille.

Le samedi soir c’était l’anniversaire surprise de ta tante préférée au bord de la mer, avec tes cousines, une autre de tes tantes était là aussi, laquelle ne savait pas d’où tu venais et t’as chopé direct par le colbal en arrivant : « Dis-donc, toi, tu vas m’faire le plaisir de t’occuper de toi. T’as une sale gueule. Y a longtemps que je voulais te le dire. Et c’est pas parce que je suis ta vieille tante que je vais pas m’occuper de toi. J’ai horreur que les beaux mecs se gâchent. Alors occupe-toi de toi ». T’as enlevé tes lunettes de soleil dans la plus parfaite des quiétudes, tu as planté tes yeux sans cerne dans les siens et puis ça : « j’ai jamais été aussi en forme de ma vie, ma tante, tu tombes mal, je sors de deux mois au vert total, ça me va bien, nan ? ». « Ouais c’est ça, rigole pas avec ça, j’suis sérieuse, occupe-toi de toi avant qu’il soit trop tard, tu t’fais vieux, mon vieux, ta beau être mon n’veu et moi ta vieille tante, j’ai l’œil, alors prends-toi en mains sinon c’est moi qui te botte le cul ». Et elle a détalé. Elle est sérieuse, elle ? Wwo. Je suis allé me voir dans la glace, j’ai vu ma belle gueule fraîche is so fraîche et j’ai donc décidé que ma tante était déjà bourrée. Ensuite toute la soiré j’ai bu du Coca et c’était bien. C’était super bien de danser comme ça face à la mer dans cet immense jardin d’une de mes cousines. De danser sur Claude François et Johnny Hallyday, même pas ivre, complètement sobre depuis soixante-trois jours, au milieu de ma mère, mon père, mes tantes, mes cousines, ma sœur et son mec, et mon fils, et même sa mère à lui qui était venue pour l’occasion parce que la mère de mon fils « fera toujours partie de la famille hein, c’est comme ça ». C’est comme ça et c’est très bien, d’ailleurs.

Mais là je suis parti plus tard encore. Je suis parti le premier, j’ai laissé mon fils rentrer avec mes parents et j’ai filé vers chez eux tout seul dans ma bagnole au pare-chocs bricolé. Vingt-cinq bonnes minutes de trajet pendant lesquelles j’ai pensé subitement qu’après tous ces tests, le plus dur allait advenir dès demain : ma solitude retrouvée dans mon appartement du Mans.

TRIGGER WARNING : si vous vous sentez l’âme d’une infirmière ou si vous estimez devoir mener la mission d’un sauveteur, retournez vite voir un film de Spielberg ou lire un livre de Marc Lévy, si, comme les deux du fond (qu’on adore quand même je l’rappelle) vous pressentez que vous allez être dans l’obligation de commenter ce qui va suivre ou d’appeler Bilou en mode « courage Poto, c’est normal, rechuter ça fait partie aussi du soin, du moins ça peut, souviens-toi, même ton psychiatre te l’a dit, et puis tu vois bien, ce matin, Jour/ 9, tu reprends ton journal après ton Qi Qong et tu as rendez-vous avec ton coach sportif à midi pour établir un programme de ouf dans le but de gérer ce summer body arrogant avec lequel tu veux faire tomber tout le monde dans un mois ou deux max ». Pas la peine, je viens de le faire pour vous, j’ai tout mis entre guillemets pour respecter la citation, je trouve que c’est pas trop mal dit, c’est bienveillant, sympa, même adorable, bon ok, un peu aussi de-quoi-je-me-mèle-point-com mais c’est le jeu, et dans ce jeu vous avez gagné le droit d’être cité entre guillemets en ce jour /9 donc next les commentaires ou les sms qui vous démangent. Deal with it.

Alors ouais. Jour 4 depuis chez moi, pourrait s’écrire Jour ZERO.

Parce que j’ai subitement eu une envie follllllleeeeeeeeeee de bai-ser. J’avais pas baisé depuis soixante-trois jours. SOIXANTE-TROIS putains de jours ! QUI FAIT CA ? Dénoncez-vous : quel votre problème ? Pourquoi vous faites des choses pareilles ? Ça va pas ou quoi ? J’ai senti Grindr gratter la poche de mon jean à travers la coque de mon Iphone alors j’ai glissé mon doigt sur la touche ID pour valider d’un pouce la réinstallation de cette appli de la luxure, j’ai pensé à la phrase de Ninjinski sur laquelle j’étais tombée, dans ses cahiers, juste avant de partir au Bois-Joli, j’ai pensé à cette ascèse de soixante-trois jours, j’ai pensé à mes toxicopotos, j’ai pensé aux oiseaux, j’ai pensé à ma tante bien vivante à qui j’avais promis sans lui dire que je tiendrais pour elle aussi, j’ai pensé à mon fils et à sa cleptomanie et j’ai pensé à mon père que j’imaginais sourire en mode « tavu je le savais » j’ai pensé à ma mère qui n’y croirait même pas et tomberait à son tour dans le coma et puis j’ai téléchargé Grindr, mis mon plus beau short de foot, sorti mes chaussettes de sport. Torse-nu dans mon salon, petit porno, Format B dans les enceintes, et puis let’s go Marco, qui vient m’sucer ?

Quand il a déboulé je l’avais prévenu : « j’ai pas d’alcool, pas de trucs à fumer, rien ». Il m’avait répondu « tkt » et je m’étais dit « cool, on va baiser sans rien, putain ça fait des lustres que j’ai pas fait ça, est-ce que ça va marcher ? bien sûr que ça va marcher ! regarde tu bandes déjà de ouf ! en fait la réunification avec toi-même c’est right now Bilou, t’es prêt ,! ». Et puis ça frappe. Et puis il entre, une bouteille à la main. De rouge. Bon. Deux verres. Pas plus. « On prend une douche tous les deux ? ». Azy. Chuis chaud. Mais quand je rentre dans la salle de bain, il est là, accroupi devant la cuvette des chiottes repliée, la paille dans le pif, les deux traits bien épais étalés sur la cuvette.

V’lan.

Et puis la douche, pas mal.

Et puis les deux verres de rouges, not so bad.

Et puis la suce mutuelle sur le canapé. Bien.

Et de nouveau deux puis trois traits et puis y en a plus.

Plus rien.

Avait juste un fond.

C’était juste comme ça.

Pour finir.

Pour se finir.

Il a joui.

Pas moi.

Il est parti.

J’étais même pas perché. C’était de la merde achetée sur ce site où j’ai commandé une fois mais pas deux. Bon. J’étais quand même un peu perché. Un peu.

Et seul. Sur mon canapé. J’ai refermé la bouteille de rouge. J’ai allumé une clope. J’ai eu une putain d’envie de chialer. J’ai pas chialé. J’ai repris une douche. J’ai fait une machine avec dedans tous les trucs qu’il avait arrosé de son sperme car Monsieur était ce qu’on appelle un gros juteur. J’ai mis la bouteille de rouge de côté. J’ai allumé Netflix et j’ai regardé d’une traite tous les épisodes d’une série belge complètement pétée intitulée Into The Night et j’ai pensé pensé pensé pensé que c’était tait tait complètement ment ment ment nul mais qu’il ne fa fa fa fallait pas que je cul cul cul culpabilise que c’était no no non non normal que ça pou pou pouvait arriver et qu’il me fallait respirer.

Respirer.

Je me suis réveillé à onze heures le jour 5 et puis les 6, 7 et 8 j’ai de nouveau baisé mais sans prods et sans désir de prods et sans envie d’en acheter en deux clics et ça c’est une vraie victoire, les deux du fonds, même pas vous pouvez test ce que c’est que cette victoire-là, j’vous jure, après ces quatre jours où tout aurait pu basculer vers le grand n’imp épisode deux et puis tiens si on refaisait un saut au Bois-Joli j’ai pas fini de niquer tout le monde là-bas avec mon ping-pong, après avoir alterné je baise je suce tu me suces, sans prods, et c’est pas mal, même si un peu mécanique, et puis elle est passée ou Sylvie Vartan ? Entre tout ça et puis ces nouvelles lunettes que tu as commandés, ces livres qui t’attendent sur la psychologie transgénérationnelle, ce mail de ton addicto du Mans qui te dit « ravie d’avoir de vos nouvelles ma secrétaire vous appelle bientôt pour un rendez-vous », ton fils qui retourne au collège dès lundi prochain après avoir passé sa première nuit dans ton nouveau chez toi dès dimanche soir, dans trois jours donc, les nouvelles de tes toxicopotos qui tombent : trois gars se sont fait virer, trafic de coke dans la clinique, bagarre, keufs, bordel de merde en plus ces trois-là, laisse tomber, c’est mort, ils vont replonger dix fois plus, tes marches longues dans Le Mans, tes pensées tes pensées tes pensées, puis cette invitation : viens donc prendre ta rouste au ping-pong chez moi, Bilou. Et tu dîneras ici.

Objectifs fixès : un apéro et deux verres de vin. Tisane. Rentrage à la maison et go to the bed. Avec une BD. Hillarante que mon pote m’a prêtée après m’avoir humilié au ping-pong. Et puis ce matin de nouveau le chant des oiseaux, et le Qi Qong et puis de hop cette envie ce besoin d’écrire.

Et comme je ne suis pas encore sur de ce que je voudrais désormais taper sur le calvier de mon pc, j’ai pris le parti de revenir ici, dans ce journal auto-fictionnel.

C’est pas mal l’auto-fiction, nan ? Ça noie un peu le poison.

Et puis on ne sait pas ce qui est de l’ordre du vrai ou du faux.

J’aime bien, ça.

Ça me plaît bien, ça.

Et si j’habitais pas Le Mans ?

Publié par chambre105

Jour après jour d’un confiné plus confiné encore que tous les confinés pour des raisons évidentes de sevrage. Merci à Komitid & Fred Colby pour ça 👇🏽 https://twitter.com/fred_colby/status/1251053629118861312?s=21

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